QUELLE CULTURE APRÈS UNE CIVE LONGUE ?

Aujourd’hui les CIVE longues sont le plus sûr moyen de produire une forte biomasse ; mais après celles-ci, quelle culture garde un bon potentiel de rendement ? Est-il possible de la récolter comme une culture principale ? Cette année, Terrasolis en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Marne a mis en place, sur Terralab, une plateforme pour apporter une réponse en terre de craie.

 

Le dispositif mis en place :

 Deux types de cultures sont implantées après une céréale récoltée en immature (cive longue) :

Le premier concerne des espèces destinées à devenir une culture principale (orge de printemps, avoine, seigle, tournesol, maïs, betterave, sorgho) et le deuxième concerne les espèces destinées à un usage non alimentaire (moha, sorghos, mélange moha-tournesol, mélange sorgho-tournesol)

 

 

Analyse des résultats

Implantation des 2ème cultures :

Sur les surfaces travaillées (strip till / rotovator), les levées sont très bonnes alors qu’elles le sont beaucoup moins, cette année, en semis direct : les levées sont hétérogènes et plus lentes. De plus, les plantes levées sont devenues violacées et sont mortes par la suite. A contrario, l’enherbement est plus fort avec travail du sol alors qu’il était presque inexistant en semis direct.

Enfin, les très fortes chaleurs et les canicules ont stoppé toute croissance de la végétation pour parvenir à des brulures constatées sur le maïs.

Production de biomasse et taux de matière sèche

 Les premières mesures effectuées le 20 septembre montrent des tonnages en matière fraiche allant de 15 à 35 t MF/ha. Les 2 mélanges (tournesol-moha et tournesol-sorgho) sont les plus productifs cette année.

À cette date, rien n’est récolté comme une culture principale car la maturité des grains n’est pas atteinte ou la taille des racines est trop faible. Par contre, les couverts destinés à l’ensilage sont dans une fourchette de taux de matière sèche de 30% à 45% qui sont adaptés à la constitution et la conservation d’un tas d’ensilage.

 

Ces mêmes cultures ont été récoltées plus tardivement vers le 20 octobre. Globalement, avec un mois de cycle végétatif en plus, ces cultures ne présentent un rendement en biomasse plus élevé. Certaines d’entre elles présentent cependant un taux de matière sèche plus élevé (maïs). Dans l’optique d’un ensilage, une récolte fin septembre aurait été optimale en termes de rendements et de taux de matières sèches.

 

 

 

 

Rendement grains/racines des cultures :

Le 7 octobre, seul le tournesol était à un stade récoltable. Malgré la prédation des grains par les pigeons, le rendement obtenu est d’environ 25 quintaux. Le 22 octobre, les autres cultures ont été récoltées en grain. Les résultats des maïs sont assez bons et très surprenants pour une culture réputée être peu adaptée aux terres de craies. Les mesures montrent des rendements de 7 et 9 tonnes avec des humidités du grain de 30%. Un sorgho d’interculture (dit sorgho chasse) est lui aussi surprenant avec un rendement de 5.5 tonnes mais avec une humidité du grain de 37%.

 

Enfin, le 20 novembre, les betteraves sont récoltées. Les racines sont belles, lisses et propres. Globalement les rendements des betteraves sont correctes, de l’ordre de 45t de MF/ha pour 16,5 de richesse. Seules les betteraves sucrières sont décevantes (30 t de MF/ha pour 16,5 de richesse) mais elles étaient implantées dans une zone à moindre potentiel de la parcelle ce qui a fortement pénalisé le nombre de pieds. (58 000 pieds/ha).

Les betteraves mixtes et fourragères malgré un nombre de pieds un peu faible, produisent des rendements satisfaisants (45 et 50 tonnes avec 16.2 et 16.5 de richesse) comparés au rendement moyen de la ferme (72 tonnes à 16).

 

 

Bilan

Cette année, en comparaison aux autres essais sur terralab, la technique d’implantation d’une deuxième culture après une cive longue donne de bons résultats. Et ce, malgré des conditions climatiques extrêmes entre le 15 juin et fin septembre (fortes températures, 80mm d’eau et 2 canicules).

Grâce à une implantation réussie (un travail du sol semble toute fois préférable), les cultures profitent des pluies qui sont encore fréquentes en mai-juin en réalisant un bon début de cycle végétatif leur permettant de mieux résister aux a-coups climatiques estivaux.
Cette année, certaines cultures ont pu être menées à leur terme avec des récoltes très honorables de sorgho grain et même de maïs (réputé peu productif en terre de craie).
Notre essai a permis de montrer aussi qu’une production de culture à ensiler est possible et que sa récolte semble tout à fait correcte fin octobre ; laissant ainsi la possibilité d’implanter correctement une céréale d’hiver ensuite.

Les perspectives pour la prochaine campagne d’essai sont : 

                 – de mieux réussir l’implantation des 2èmes cultures (faut-il travailler le sol, désherber?)

                – d’axer le travail sur les cultures de vente telles que la betterave sucrière, le tournesol, l’orge de printemps ou le maïs

               – de poursuivre l’acquisition de référence pour les cultures à ensiler – voire de tester la double récolte car la céréale ensillée au stade 3 noeuds est reparti en croissance dans les fourrières de l’essai pour aller jusqu’à la formation de grain.

By | 2020-01-23T09:23:09+00:00 2020/01/21|Actualités|